Liberation
Samedi 17 décembre 2005

Les conséquences politiques et écologiques des ''progrès'' techniques


Réveille-matin, grille-pain, automobile, ordinateur... Nous vivons dans un monde où la technologie est omniprésente, son évolution souvent spectaculaire. Dès le plus jeune âge, nous apprenons à percevoir le développement des outils comme le fruit du « progrès ». Ce mot suscite d'ailleurs l’adhésion ; il évoque le changement, l’efficacité, l’amélioration, la « marche en avant ». Questionner sa réalité, c’est souvent se faire qualifier de « rétrograde », voire « d'obscurantiste ». Même si la majorité de la population conçoit que le progrès puisse être utilisé à mauvais escient, l’évolution technologique inspire en soi respect et fascination.

Pourtant, nous souhaitons partager notre questionnement sur le progrès. Est-il réellement, comme on l’entend souvent, « au service de l’Homme » ? Quelles sont les questions politiques, morales ou écologiques que soulève le développement des technologies ?

Des penseurs comme Jacques Ellul, Ivan Illich, Cornélius Castoriadis, Wolfgang Sachs ou encore François Brune ont approfondi ces questions. Nous vous proposons de présenter ce que nous avons compris de leurs analyses, ce que la découverte de leurs pensées a suscité en nous.

La suite de l'article sur le site des Renseignements Généreux

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Mercredi 14 décembre 2005


Si vous en avez marre du petit pantin, je vous suggère d'aller faire un tour sur ce site http://sarkostique.over-blog.com/
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Dimanche 11 décembre 2005
Chers pays industrialisés,

Nous savons à quel point il est difficile pour vous de respecter vos principes et vos valeurs, surtout lorsque votre économie et votre sécurité sont menacées.

En effet, comment combattre efficacement le terrorisme sans désobéir à la Charte des droits et à la Convention de Genève, que vous avez courageusement signées? Et comment assurer une croissance économique à vos citoyens tout en respectant l'environnement et les lois du travail?

C'est la quadrature du cercle!

Heureusement, il y a Sous-Traitance Incorporated.

Grâce à notre compagnie installée aux îles Turques et Caïques, vous pourrez faire la sale besogne tout en gardant les mains propres et la conscience claire.

Vous avez des prisonniers politiques à interroger? Téléphonez-nous, nous pourrons les envoyer dans des pays où la torture est non seulement permise, mais encouragée! Après une étude approfondie de votre dossier et une analyse détaillée de vos besoins, nos spécialistes vous conseilleront plusieurs destinations susceptibles de vous donner un sacré coup de main. Pour quelques millions de dollars, nous vous offrons des avions privés appartenant à une compagnie bidon, un personnel accompagnateur hyper-discret, la protection d'une grande agence de renseignements ainsi que tous les permis de vol nécessaires à votre opération.

Imaginez... Plus de nuits blanches passées à vous demander comment contourner les maudits décrets internationaux que vos prédécesseurs ont signés dans un bel élan de naïveté!

À

Sous-Traitance Incorporated, c'est satisfaction garantie ou argent remis. Les tortionnaires avec qui nous faisons affaire sont des professionnels réputés, capables de faire parler les prisonniers les plus têtus et les kamikazes les plus dévoués grâce à des techniques complexes développées au Chili et en Irak. En 24 heures maximum, vous aurez la réponse à toutes vos questions.

Grâce à notre entreprise, vous pourrez dormir sur vos deux oreilles. Vous pourrez à la fois faire torturer vos prisonniers politiques ET continuer de vous présenter comme les gardiens de la morale!

Et attendez, vous n'avez rien lu...

Les services offerts par Sous-Traitance Incorporated ne s'arrêtent pas là.

Vous voulez diminuer considérablement vos coûts de production sans contrevenir au code du travail en vigueur dans votre pays? Simple: écrivez-nous, nous vous mettrons en contact avec des manufacturiers étrangers qui emploient des enfants de moins de 14 ans et des travailleurs non syndiqués. Nous pourrons aussi vous indiquer une trentaine de lieux éloignés où vous pourrez déverser en toute tranquillité vos déchets les plus dangereux, sans être importunés par qui que ce soit.


Nous savons comment vous aimez vos enfants en Occident, comment vous les considérez comme des cadeaux du ciel. Jamais vous n'accepteriez de les exploiter ou de les avilir. Après tout, vous êtes des êtres civilisés, vous avez une réputation à entretenir, c'est vous qui montrez la voie à suivre au reste du monde!

Cela dit, on a beau vouer un culte aux enfants et respecter la loi et les forces de l'ordre, parfois, il faut que le corps exulte...

C'est pourquoi Sous-Traitance Incorporated a ouvert une division Tourisme s'adressant aux particuliers.

Vous voulez échanger avec des mineurs? Téléphonez-nous, nos guides pourront vous donner une liste de pays où les enfants sont fortement encouragés à explorer librement leur sexualité. Ne craignez rien: nos guides sont des professionnels, ils sillonnent le monde depuis des années et connaissent très bien la culture de chaque pays. Ils pourront vous aider à faire des choix judicieux, qui tiennent compte à la fois de vos besoins et de vos scrupules...

Le slogan de Sous-Traitance Incorporated dit tout:

"Don't shit where you eat." Ne chiez pas là où vous mangez.

Pourquoi vider ses poubelles dans sa cour quand on peut les vider dans la cour d'un voisin qui a justement besoin de compost?

Après tout, tout est relatif en ce bas monde. Ce que vous considérez comme de la merde est peut-être de l'or pour le voisin. Le monde est peuplé de cultures différentes. Profitez-en.
Et de grâce, ne voyez pas ça comme de l'exploitation. C'est un simple échange de services. Vous avez un code moral à respecter. Ils ont une économie à faire rouler.

Vive la mondialisation.

Richard Martineau

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Lundi 21 novembre 2005
Sur le front intérieur, la « guerre au terrorisme » conduit à une accumulation sans limites de « données » de tous types sur les personnes, leurs occupations, leurs amitiés, leurs achats, leurs lectures. Dans un jeu de surenchère technologique, l’échec de chaque technologie justifie le déploiement d’un arsenal toujours plus complexe… et toujours aussi peu « efficace » au regard de ses objectifs avoués. Mais l’essor du marché de la peur a d’autres ressorts, plus clandestins…

Voir la suite de l'article sur le site du monde diplomatique
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Mercredi 16 novembre 2005
1. La France supprimera-t-elle l’apartheid ?
2. Que cachez-vous ?
3 "La violence ne résoud rien" ?
4. Où est la plus grande violence ?
5. "On n'est pas aux USA quand même" ?
6. Des êtres humains à la poubelle ?
7. Une stratégie pour diviser ?
8. Qu'est-ce que Fachozy est en train de faire passer ?
9. Quelles solutions proposent-ils ?
10. Les laisser dans leur ghetto ?
 
1. La France supprimera-t-elle l’apartheid ? On assiste à un curieux phénomène : les dirigeants politiques français se précipitent tous à la télé, la bouche en cœur : « Nous vous avons compris, on va faire quelque chose pour vous ! » Tous connaissent les causes du problème et tous savent ce qu’il faut faire.
Mais alors, si vous saviez, pourquoi avez-vous fait tout le contraire depuis trente ans, et surtout dernièrement ? Pourquoi, ces deux dernières années, le gouvernement français a-t-il liquidé son soutien aux initiatives locales ? Qui a supprimé 15% des crédits alloués à la lutte contre l’habitat insalubre dans le budget 2006 ? Qui a remplacé les polices de proximité par des CRS avec leurs humiliations systématiques et arrestations arbitraires dont même Amnesty dénonçait le caractère violent et raciste dans un récent rapport ?

2. Que cachez-vous ? De deux choses l’une :
- Ou bien vous, dirigeants, saviez vraiment quelle était la cause des problèmes, à savoir l’injustice sociale, le « pas d’avenir », et pourtant vous n’avez rien fait, alors pourquoi vous ferait-on confiance à partir de maintenant ?
- Ou bien vous n’avez pas de solution, parce que l’injustice sociale est au cœur de votre système, et que vous ne voulez pas toucher aux privilèges des puissants, et alors pourquoi vous ferait-on confiance à partir de maintenant ?

3. « La violence ne résoud rien » ?
Une fois encore, Messieurs les bourgeois, vous seriez fort aimables d’indiquer aux pauvres quelle méthode de lutte vous leur suggérez puisqu’aucune autre n’a été entendue et que leur situation ne fait que s’aggraver !

Et surtout soyez un peu moins hypocrites ! Par quelle méthode la bourgeoisie française a-t-elle commencé à construire ses immenses fortunes sinon la traite des esclaves, puis le pillage des richesses de l’Afrique ? L’armée française allait-elle apporter des bouquets de fleurs aux Algériens, aux Marocains et autres peuples occupés et massacrés ? Et, aujourd’hui encore, dans quelques néocolonies qui font la fortune des multinationales comme Total et Bouygues, mais la misère des populations locales ?

4.Où est la plus grande violence ?
Quel mot employer pour qualifier un système qui, d’un côté accumule des fortunes colossales en détruisant toujours plus d’emplois, et qui, de l’autre côté, entasse des millions de gens dans des ghettos, logements insalubres, tours dégradées, écoles-parkings, stages bidon, petits boulots sans lendemain, harcèlements policiers « au faciès » ?

Chaque année, de plus en plus de gens doivent survivre avec des revenus insuffisants alors que tous les gouvernements ne cessent de baisser les impôts sur les grosses fortunes. Chaque année, des centaines d’êtres humains meurent sur les trottoirs de Paris. Quel mot pour qualifier un système qui ne laisse aucune issue à un jeune : « Je m’en fous d’aller en prison, ma vie est quand même déjà foutue ! » N’est-ce pas ce système lui-même qui est violent ?

5. « On n’est pas aux Etats-Unis, quand même ? »,
disaient nos médias lors du scandale Katrina - Bush. Mais est-ce que nous n’en prenons pas le chemin à toute allure ? Avec la Constitution Européenne et Bolkestein et aussi toutes les mesures appliquées partout en Europe depuis les accords de Lisbonne (2000), n’assiste-on pas à une offensive générale qui rabaisse les salaires, les pensions, les allocations sociales ? Ne sommes-nous pas en train de rattraper Bush et ses 40 millions de gens sous le seuil de pauvreté ?

Cette obsession actuelle de faire travailler les vieux plus longtemps, n’est-ce pas la meilleure manière de produire une masse supplémentaire de jeunes chômeurs sans espoir ? Est-il normal que les travailleurs de Shell-Hollande soient obligés de faire grève pour préserver leur droit à la pension alors que les profits de cette multinationale ont explosé (18 milliards de dollars en 2004, et 68% de plus cette année) ? Ne faudrait-il pas, au contraire, réduire radicalement le temps du travail, afin de le partager ? Et le seul obstacle, n’est-ce pas le caractère intouchable des super-profits des grosses sociétés, pudiquement recouverts du joli nom de « compétitivité » ?

6. Des êtres humains à la poubelle ?
Quand les jeunes brûlent des voitures, ils dérangent et on s’en occupe. Quand c’était leur vie qui partait en fumée et en désespoir, quel média en parlait ? Pouvons-nous encore croire au mythe du prétendu « ascenseur social » quand on entend un des plus grands économistes occidentaux déclarer froidement : « Il y a six milliards d’êtres humains sur terre, dont cinq milliards ne pourront jamais être utilisés » ? Ne vivons-nous pas dans un système inhumain ? Les uns sont exploités jusqu’au trognon, les autres sont « jetés » littéralement à la poubelle ? Faut-il baser la société de demain sur les profits des multinationales ou sur les besoins de l’humanité ?

7. Une stratégie pour diviser ?
Bien sûr, brûler la voiture de son voisin de banlieue, c’est tomber dans le panneau du pouvoir. Car ce voisin qui l’utilise pour se rendre au boulot (et se faire exploiter un maximum), ce voisin aussi est victime d’une politique européenne imposée par les multinationales. Tout comme le petit pensionné plongé dans l’insécurité financière lorsque le pouvoir rogne ses moyens d’existence.
Et le pouvoir ne craint-il pas justement que s’unissent les résistances à cette exploitation ? Le racisme n’est-il pas délibérément alimenté en présentant des statistiques gonflées et faussées sur la petite délinquance tandis que celle en col blanc est protégée ? Présenter les musulmans comme dangereux alors qu’il y a des extrémistes partout, criminaliser le port du foulard, n’est-ce pas volontairement occulter la question sociale derrière un faux problème de religion ? Afin de mieux dresser les victimes de l’exploitation les unes contre les autres.
Enfermer les plus pauvres dans des ghettos, et dresser autour d’eux un Mur de flics, a été la stratégie la plus géniale pour briser la résistance. Aussi longtemps que les petits Blancs s’en prendront aux petits Noirs ou aux petits Beurs, les grands riches (dont l’argent n’a pas de couleur) pourront dormir sur leurs deux oreilles.
Et le gros problème, c’est que la démagogie de Sarkozy marche bien. Alors que ce gros bourgeois prépare une politique antisociale à la Bush, son discours passe bien chez une majorité de travailleurs en France, mais aussi en Belgique. Nous avons un gros boulot, là !

8. Qu’est-ce que Fachozy est en train de faire passer ?
Bien sûr, hypocritement, ses rivaux tentent de lui faire porter le chapeau et de l’éliminer de la présidentielle. Mais en même temps, ils sont bien contents qu’il fasse leur sale travail. Car chacun sait que le problème social ne fait que commencer, et que la révolte ne disparaîtra pas. D’où l’utilité de « Monsieur Karcher ».
Bien avant les émeutes, Fachozy avait préparé des lois liberticides qui nous visent tous et qui vont se mettre en place dans toute l’U.E. : écoutes, espionnage d’Internet, extraditions pour délits politiques, expulsions arbitraires… Après avoir délibérément créé la tension, Fachozy va l’exploiter pour faire passer ces lois anti-démocratiques. Qu’il utilisera aussi contre les mouvements sociaux et syndicaux. Et contre notre liberté d’expression (n’oublions pas qu’il a fait emprisonner un jeune immigré pour l’avoir « insulté »).

9. Quelles solutions proposent-ils ?
Ceux qui « ont bien compris l’inquiétude des jeunes », assurent qu’ils vont remettre un peu plus de sous pour les banlieues, et y ramener les polices de proximité et assistants sociaux qu’ils venaient de supprimer. Seulement, les flics et les assistants sociaux calmeront peut-être la situation un temps, mais ils ne créeront pas de l’emploi. Pour s’intégrer, il faut un vrai boulot, un vrai revenu.
Mais tant que le système sera basé sur l’intérêt et le profit maximum de quelques uns, comment pourrait-on créer les emplois nécessaires et satisfaire les besoins de la population ? Si nous voulons qu’on cesse de jeter des êtres humains à la poubelle, n’est-il pas temps de remplacer la loi de la jungle par une forme supérieure des relations humaines ? Aujourd’hui, il est parfaitement possible de supprimer la faim dans le monde : cela coûterait moins qu’un quart du budget annuel de l’armée US. Alors ?

10. Les laisser dans leur ghetto ?
Il est trop facile de reprocher aux jeunes des banlieues de n’avoir pas de programme, et de se tromper de cible. Au début de l’existence de la classe ouvrière, les travailleurs surexploités ont commencé par briser les machines, ce qui était tout aussi suicidaire. La vraie question est : d’où pourraient leur venir ces revendications claires, cette analyse des causes de leur malheur ?
Qu’a fait le mouvement ouvrier, qu’ont fait les intellectuels progressistes pour surmonter la division entre ces jeunes et les autres couches populaires ? Pour surmonter cette division, il faudra absolument jeter des ponts et communiquer l’expérience des luttes passées. Mais, avant d’être professeur, il faudra d’abord être élève. A l’écoute. Car la « haine » que ces jeunes éprouvent n’est pas un sentiment négatif. C’est l’indignation face à l’injustice. Et ce sentiment a toujours été, à toutes les époques, le point de départ pour résister et pour changer le monde.

Michel Collon

Et maintenant ?

Voilà, c’étaient juste quelques questions pour lancer le débat. Vous pouvez réagir en envoyant vos réponses, commentaires, témoignages à : michel.collon@skynet.be
Un forum « Banlieues » sera présenté sur http://www.michelcollon.info site qui offre aussi d’autres textes et témoignages (voir plus loin).

Dans deux semaines, nous sortons sur ces mêmes questions un petit bouquin « Bush, le cyclone ». Comment expliquer simplement autour de nous ces fameuses lois économiques qui mènent à la pauvreté, à la guerre et à d’autres crimes ? Copiant ce que Bush fait aux USA, Sarkozy mais aussi d’autres dirigeants le préparent en France et en Europe. Il s’agit donc de comprendre l’ensemble de notre système social :
- Mais d’où viennent-ils, tous ces pauvres ?
- Pourquoi il faut qu’il y ait du chômage et de la misère.
- A quoi sert l’Etat ?
- Le grand tabou des médias
- L’Europe est-elle différente de Bush ?
- Cinq milliards d’êtres humains inutiles ?

Pour être informé à la sortie du livre, pour en débattre : michel.collon@skynet.be
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